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camp de travail

  • Jean-Pax Méfret- Goulag




    La barbe a rongé son visage.
    Le sel a brûlé ses yeux bleus.
    Ses cheveux sont blancs avant l’âge,
    Sa langue est une pierre de feu.

    Il va mourir dans quelques heures.
    Il le sait, mais il n’a pas peur.
    Nous, autour de lui, on fredonne
    Cette chanson devant l’icône...

    On chante ce monde qui existe là-bas,
    Ce paradis que l’on ne verra pas,
    Où lorsque tu travailles, l’argent est pour toi,
    Tu peux même t’acheter des chemises de soie.

    Il parait qu’il y a des tas de cinémas
    Où tu peux regarder les films de ton choix.
    A l’Ouest, les juges osent rendre la Loi,
    Et les policiers font respecter les Droits.

    Les mouches butinent sur ses lèvres,
    La sueur glisse sur ses joues.
    Il a soif, il a la fièvre,
    L’eau est sale, elle sort d’un égout.

    Dehors, il ont creusé sa fosse,
    La croix porte son numéro,
    Alors, de sa voix de gosse,
    Il nous demande le Credo.

    On rêve à ce monde qui existe là-bas,
    Ce paradis que l’on ne verra pas,
    Où lorsque tu travailles, l’argent est pour toi,
    Tu peux même t’acheter des chemises de soie.

    Il parait qu’il y a des tas de cinémas
    Où tu peux regarder les films de ton choix.
    A l’Ouest, les juges osent rendre la Loi,
    Et les policiers font respecter les Droits.

    Loin de cet archipel,
    Et loin de cette mine ;
    Où l’on ne récite pas :
    Je vous salue, Staline.

    On rêve à ce monde qui existe là-bas,
    Ce paradis que l’on ne verra pas.