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côte d'albâtre

  • Paysages de Normandie: Des plages aux noms de rêve

    Ce littoral du Pays de Caux aux éblouissantes falaises, majestueux, sans égal en Europe sur une étendue comparable, est devenu la Côte d'Albâtre.

     

    • Avec les hauteurs qui dominent Honfleur, face à la baie de Seine, commence la Côte Fleurie. Particuliers et municipalités font en effet de Villerville à Cabourg, un effort d'embellissement remarquable. La Côte Fleurie est aussi la Côte du Pays d'Auge où, d'avril à juin, la campagne n'est qu'un bouquet de fleurs de pommiers, fleurs d'un blanc immaculé ou d'un rose des plus délicats.

    • De l'embouchure de l'Orne à celle de la Vire s'étend la Côte de Nacre. A dire vrai, on n'y ramasse pas de nacres, et l'on peut douter que l'on n'ait jamais trouvé de perle dans les huîtres de Normandie! Les longues plages de sable à pente douce, découvrant loin, qui caractérisent ce littoral au moins entre Riva Bella et Arromanches, donnent à la mer par temps calme des teintes nuancées qui excusent les inventeurs de l'appellation.La Côte de Nacre a acquis une double notoriété. Dans sa partie orientale avec le chapelet de petites stations balnéaires qui ont nom de : Riva Bella, Lion, Luc, Langrune, Saint-Aubin, Bernières, c'est essentiellement un littoral propice à des vacances familiales même avec des enfants en bas âges. L'air y est des plus saints; les plages, sans danger; la mer, propice à la pêche à pied. Mais cette Côte de Nacre, c'est aussi la Côte du Débarquement. Les plages ici se souviennent de s'être appelées un certain mois de juin: Sword, Juno, Gold et Omaha. Dans le sable, des stèles rappellent aux jeunes générations l'odyssée de 1944. des cimetières, immenses nécropoles britanniques, canadiennes, américaines et allemandes, parlent à jamais de ces jours de gloire et de deuil. A l'ouest d'Arromanches, le littoral, accidenté et peu urbanisé, difficile d'accès porte encore dans son sable, dans ses rochers, dans sa glèbe, trace des des combats: c'est au début de juin qu'il faut aller y faire pèlerinage, certes pour les discours qui marquent l'approche du 6, mais surtout pour découvrir la Normandie à cette époque-là de l'année, précisément.... la campagne normande couverte de jeunes blés et d'une herbe drue telle que les gars qui escaladaient la falaise et ceux qui les attendaient derrière les meurtrières de leurs blockhaus pouvaient la voir.

    • Les gens du Cotentin ont peut-être eu des pudeurs que leurs voisins n'ont pas connues, en n'attribuant pas de nom de fantaise au littoral oriental du Cotentin. Plus précisément, ils officialisèrent le nom de code Utah Beach pour désigner la côte basse et sablonneuse qui, des marécages du Grand Vey s'étire vers le nord en direction de Quinéville et Saint-Vaast. Des batteries enfouies dans les dunes jalonnent cette grève magnifique et solitaire.

    • La Hougue. A Saint-Vaast, le bouclier granitique du Cotentin apparaît, protégeant la baie de Seine des courants et des vents. Contrôlés par le radio-phare de la pointe de Gatteville, cargos géants et super-tankers n'ont qu'à filer doit sur Le Havre. Localement, cette épaule rocheuse et son cortège de récifs, de bancs et d'îlots ménagent dans un repli de la côte deux mouillages très sûrs: Réville et Saint-Vaast, ce Saint-Vaast qui fut sous Louis XIV mis en balance avec Cherbourg pour devenir une base marine majeure, face à l'Angleterre. Aujourd'hui ce n'est plus qu'une petite ville grise et fleurie, bien connue des chercheurs de coquillages et chasseurs de crustacés. Depuis le cap Lévy, la rade de Cherbourg, « L'auberge de la Manche » selon Vauban, apparaît propre à recevoir des flottes immenses à l'abri de son corset de digues.

    • La Hague. La Hague est la proue de la Normandie. La Hougue, ce sont trois ou quatre gros villages paisibles et un arrière pays tout de feuillages et d'eaux vives, le Val de Saire; la Hague, c'est l'assaut, la lutte, les drames de la mer. Au large le raz Blanchard de funeste mémoire. À l'intérieur, sur l'échine de roc, rien que la lande d'ajoncs, fouettée par le vent et brulée de sel; quelques bourgs encapuchonnés de granit.

    • Au sud de la Hague, le littoral s'adoucit, s'humanise. Des caps protecteurs: Flamanville, Carteret, Granville semblent surveiller l'horizon. Leur avancée a favorisé l'ensablement de baies largement ouvertes, réceptacles des alluvions chariés par de petits fleuves côtiers: d'où de longues plages dorées, parfois bordées de dunes, et de profonds estuaires envasés où nichent des villages mélancoliques inondés de lumière: Portbail, Lessay, Tourville etc...

      Le bon air comme le grand calme sont assurés aux estivants. Sur la table, crabes et crevettes à volonté et au menu, tous les poissons de la Manche pêchés dans la nuit. Les Minquiers et les Ecréhou ne sont-ils pas à une heure du Cotentin, d'inépuisables viviers naturels. Par surcroît, cette côte, baptisée tout simplement Côte des Iles, bénéficie des bienfaits du passage d'un bras du Gulf Stream entre Jersey et le Cotentin. Au large, en effet, la table rocheuse des iles Anglo-Normandes se silhouette dans le soleil couchant, invitation à une brève croisière exotique.

    • Sans plus de complication qu'il n'en fallut pour désigner la Côte des Iles, le littoral au sud de Granville s'appelle la Côte des Grandes Marées. La mer y a des amplitudes qui dépassent 14 mètres. C'est dire que de la normande Carolles à la bretonne Cancale, l'immense baie du Mont Saint-Michel se vide et se remplit en quelques heures. Visible de partout, de Champeaux, de Saint-Jean-le-Thomas, de Genêts, du Grouin ou d'Andaine, comme du Jardin d'Avranches et de l'ossuaire du Mont d'Huisnes, le Mont sublime, ici lointain, là tout proche, irréel toujours, apparaît posé sur le miroir irisé des sables inconsistants.