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bocage normand

  • Tradition de Normandie: Foires et marchés


     

    Pour le paysan Normand, le jour de la foire ou du marché est le plus important de la semaine. Tôt le matin, il part pour la ville vendre les produits de sa ferme. Affaires faites, il prend le temps de s'amuser un peu.

     

    Le vêtement pour le marché était plus rustique que celui du dimanche. Si le temps était pluvieux ou rude, le paysan endossait sa « limousine1» sur sa veste de froc. Quand le temps était doux, il prenait seulement le long sarreau de toile bleue. Coiffé d'un feutre ou du chapeau à « trois lames de feu ». Il s'entourait les reins de sa ceinture ou de sa sacoche de cuir, il s'armait du solide bâton de houx ou de mêtier, à poignée de cuir découpée au bas et formant par son renflement une sorte d'ornementation. Il le suspendait à son poignet par un cordon qui était terminé par un pompon.

     

    Lorsque la fermière l'accompagnait, soit elle montait en croupe derrière son mari, soit on installait un haut panneau de bois placé sur le dos de la jument poulinière. Deux cambottes pendaient de chaque côté du panneau. Dans l'une on avait entassé les denrées pour le marché: beurre, oeufs, poules, canards, etc... dans l'autre, chaudement anicoté, se prélassait, un gros blondin, souriant, vermeil comme pomme d'api, tout épanoui de bonheure, et qui, impatient de partir, criait: Allons! Marienne! Dia, Marienne, dia!

     

     

    Il est une industrie, le maquignonnage, pour laquelle, les Normands, surtout les Bocains (habitant du Bocage) ont toujours montré une singulière aptitude. Ils fréquentaient les foires de Bretagne pour acheter des chevaux. Les Bretons les appelaient sous les nom de : grédinn, gredins, geusards. Ces noms, ils les méritaiuent un peu. Les Bretons appelaient tout les Maquignons des autres Provinces de France avec ce type de noms!

     

    Si le maquignon s'occupe du trafic des chevaux ordinaires, d'assez haut prix quelquefois tel que le Haricotier, haricotte des Haridelles. Sans cesse à la recherche des bêtes tarées, le maquignon sait parer sa marchandise par des moyens connus de lui seul. D'un cheval fourbu il fait souvent un cheval fringant.

     

    Certain Maquignon vend ses rosses telles quelles, sans leur faire le moindre brin de toilette. On le vois arriver à la foire à califourchon, jambe de ci, jambe de la, sur quelque hourin essouflé, traînant à sa suite attachées par la queue, toute une ribambelle de bêtes étiques, poussives, efflanquées qui le suivent têtes basse. Et lorsqu'il s'agit de ranger la troupe famélique pour la vente. Les coupes de bâtons pleuvent dru sur les échines pelées et sonnent sec sur les os, accompagnés des cyniques jurons du bourreau et des gémissements de douleur des victimes.

     

    1 la Limousine est le vieux manteaux celte, dont le tissu de grosse laine et de poil de chèvre n'a guère changé depuis les temps si lointains où Limoges le fabriquait. Ses rayures n'ont pas l'éclat des plaid écossais mais leurs teintes pour sombres et effacées qu'elles soient, ne laissent pas que d'animer cette rude et forte étoffe, dont les plis toujours amples se drapent bien et largement en tombant le long du corps. La limousine était garnie de deux ou trois collets destinés à protéger plus efficacement les épaules, et quelque pluie qui tombe, le charretier ou le cavalier sous sa limousine reste plus chaudement abrité que sous un tissu de caoutchouc.

  • Histoire de Normandie:Sur les pas des « chouans »

    Sur les pas des « chouans » de Normandie

    Les itinéraires suivants, qui sont pris dans le Bocage, peuvent donner une idée d'un «pays» alors plus boisé et sauvage que parcouraient les Chouans, et ils offrent quelques « traces », par les petites villes , bourgs et hameaux, les manoirs ou les châteaux, les églises et les croix..., de cette guerre paysanne.

    1er Itinéraire

    A partir de Flers ...

    Flers


    Cette forte paroisse rurale et la cinquantaine de ses « villages » comptant 440 feux (quelque 2300 habitants) était au centre du Bocage insurgé. A maintes reprises, le château fut le quartier général de Louis de frotté et un lieu de rassemblement pour les chouans.


    La légion de Flers est de toutes les « affaires », ou à peu près, formé par les compagnies de Chanu, de Flers, La Chapelle-Biche, Landisacq, La Lande-Patry, Cerisi, Fresnes, St Bômer-les-Forges, La Ferrière-aux- Etangs.

    Elle sera commandé par des officiers de valeur et intrépides. Dans la première guerre: Marguerie (« Griffon »), ex-gendarme du Roi, bientôt adjudant-général, puis Morel, ancien officier de Marine. Morel est tuée dans la sanglante affaire de Chanu le 9 mai 1796.

    Dans la seconde guerre: La Pivardière. Après le combat de la Fosse, le 3 novembre 1799, surpris dans une ferme La Pivardière, jambe cassée, est achevé sur Place, puis Commargue pris sa suite.

    Les audacieux Boisroussel, de St Bômer les Forges, ancien garde du corps, émigré rentré en 1797, et Lair du Bois, de La Ferrière- aux Etangs, jeune chevalier de la Couronne en 1795, commandent en second et en troisième dans la deuxième Guerre.


    Château de Flers: la chambre dite chambre de Louis de Frotté, souvenir de la Chouannerie, musée du Bocage.

    Landisacq

    Frotté y est cantonné le 2 février 1796. Il ne réussit point, faute de coordination entre l'avant-garde de Michelot et le gros des Chouans, à attirer dans une embuscade trois cents Bleus.

    Cerisi-Belle-Etoile

    Cette abbaye des Prémontrés compte seulement, en 1789, neuf religieux, plus 5 religieux qui sont détachés dans les paroisses. En mai 1791, l'abbaye, les terres et les dépendances « Bien National » sont vendues aux enchères publiques quarante-quatre mille livres à deux bourgeois des environs.

    Les abords de l'abbaye et les bois surplombant le territoire de la commune étaient une retraites des Chouand.


    Billard, grièvement blessé au combat de Montsecret, le 4 août 1799, est porté à la Sellerie, commune dépendant de Cerisi, dans le fenil d'une maison vide, puis dans une autre maison plus « pratique ». Le 6 septembre, son frère qui venait le voir, est surpris par les Bleus de Condé sur Noireau, il dormait de fatigue; mais les Bleus ne trouvent point la cache. Ils fusillent le jeune Chouan dans le cimetière de Cerisi, au pied de la croix.


    Eglise XVIIIème et clocher-porche du XVIème siècle: viennent de l'Abbaye des Prémontrés, la Pieta du XVIIème siècle de l'autel latéral nord, le grand crucifix en chêne du XVIIème, la croix du cimetière de 1705.


    Monsecret


    « Affaire » du 12 mars 1795: Michelot, avec une cinquantaine de Choauns, attaque Monsecret. Les Chouans coupaient la route vers Tinchebray, à une lieue, et les Bleus n'ont pas pu intervenir; « Affaire » du 4 août 1799: les « patauds » et un détachement de la colonne mobile de Tinchebray sont attaqués par Billar.


    Eglise: clocher-porche du XVIIIème siècle.


    Moncy

    Le 13 avril 1796, les abbés Vallé et Dumont, prêtres réfractaire au serment à la république, sont fusillés contre l'église, puis accroché à un clou sur l'if du cimetière.

    Vassi

    Septembre 1792, pillage du château, enlèvement des grilles qui doivent donner des piques républicaines.

    Le château sera un lieu de rassemblement des Chouans.

    Le 19 septembre 1795, cent cinquante Chouans occupent Vassi d'où les Bleus et la garde nationale disparraissent.

    Le 19 mars 1796 au soir, les Bleus entrent dans Vassi, logent dans l'église, pillent les habitations du villages, sans rencontrer les Chouans.

    Le 7 avril 1796, Mandat (officier chouan), surprend le château de nuit, où sont les Bleus avec leurs réquisitions et leurs butins du au pillage.


    Le 28 novembre 1799, Michelot (officier chouan) s'empare d'une centaine de fusil, munitions et caisse publique et crée un point de résistance contre les troupes républicaines.


    La Lande-Patry


    L'abbé Jean-Baptiste Lechevrel, originaire de La lande, est arrêté au Tremblay, village dépendant de La Lande, le 4 décembre 1793, il est guillotiné à Alençon, le 25 décembre.

    Le 2 mars 1796, les Bleus d'une compagnie de Ligne stationnée à la Carneille et les Chouans moins nombreux, se battent dans le cimetière; le clocher et les ifs servent de point d'appui. Le commandant des Bleus et Louis de Frotté sont blessés.

    L'avantage reste aux Chouans pourtant moins nombreux mais connaissant mieux le terrain.

    Le lendemain le curé réfractaire de La Lande, l'abbé Tabler surpris à Landisacq, est emmené à Tinchebray; il sera fusillé le 4 mars, sur la route de Domfront, au village de Préaux. Trente paroissiens de La Lande viennent récupéré son corps au cimetière de Chanu, où il a été déposé par les républicains.

    L'abbé Malherbe, prêtre obitier de La Lande, malade est poussé jusqu'à Landisacq, et tué le 6 mai 1796; sa soeur ramène son corps à La Lande.

    Eglise

    Tombeau des prêtres Tablet et Malherbe, croix du cimetière de 1705.

    A l'intérieur de l'église, vitraux de Jean Chaudeurge à la mémoire des prêtres de La Lande mort sout les coups des républicains.


    Au Bois-Maillard: maison natale du régicide Bertrand Lhosdinière

  • Histoire de la Normandie:Le Brave Michelot

    par Thibault

    Oui, le mot « brave » est bien celui que l'on peut accoler au nom de Michelot. Et encore convient-il de prendre ce mot sous tous les sens, qu' il est possible de lui donner.

    Brave, Michelot l'a, en effet , été autant par son courage que par son honnêteté, sa modestie, son dévouement et sa fidélité.

    Michel Moulin, c'est son nom est né le 7 janvier 1771 à Saint Jean des Bois, petite localité normande de la région de Tinchebray, où son père exerce le métier de forgeron. Dès sa jeunesse il se fait remarquer par sa force et sa bonne humeur aussi devient-il rapidement le meneur et le guide de tout les garçons du canton. Il est de toutes les fêtes, de toutes les réunions, et aussi, de toutes les bagarres. On l'appelle Michelot est ce surnom, il va l'illustrer en devenant un des chefs de la Chouannerie Normande.

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  • Histoire de la Normandie:La révolte des nu-pieds en 1639

    Le 7 juillet 1639 éclate en Normandie la plus grave des révoltes de cette province, par nature peu frondeuse contre le pouvoir royal.

    L’accroissement brutal de la charge fiscale tout au long de la décennie en est la cause.

    Depuis longtemps, le budget royal est en déficit mais cette année là, il manque 114 millions de livres pour couvrir des dépenses qui atteignent 172 millions. Le roi Louis XIII a recours, pour se financer, à des expédients fiscaux. La Normandie, une des plus riches provinces du royaume, est mise à contribution.

    Certes, il y a déjà eu des « émotions* » (= troubles) populaires, mais cette fois, l’agitation urbaine, plus traditionnelle en quelque sorte (à Rouen notamment), est rejointe par celles des campagnes. Un impôt est plus spécialement vécu comme particulièrement injuste, celui de la gabelle (1).

    C’est cette révolte des campagnards, des « nu-pieds », qui va frapper particulièrement l’opinion.

    En ce mois de juillet 1639, des troupes de « faux sauniers » se constituent à la lisière de la Bretagne, pays exempté de gabelle et à partir duquel par conséquent se développe une intense contrebande de sel. On apprend qu’il y a même des nobles qui se sont mis à la tête de ces bandes. Tout le Cotentin est touché et la presse parisienne, « La Gazette », « Mercure de France » qui relate les événements et surtout la répression qui va suivre, ne manque pas d’évoquer des chefs à la fois fascinants et effrayants tel un certain Jean Quetil, Général des insurgés, qui prend le nom de « Jean Va-Nuds-Pieds ».

    La révolte gagne les villes : Caen, le 13 août, Rouen, du 20 au 23 août, Bayeux, le 25 ; Coutances, le 6 septembre.

    Mais c’est à Rouen que se déroulent les faits les plus graves : un contrôleur des teintures est assassiné. Les responsables locaux ne s’emploient que mollement à calmer une émeute antifiscale qu’ils approuvent secrètement.

    REVOLTE NU-PIEDS.JPG

    Cependant, comme le pouvoir royal ne peut laisser l’anarchie s’installer, sur ordre de Richelieu qui veut faire un exemple, 6000 soldats à pied et 1200 chevau-légers(plus légèrement équipés et armés que les autres corps de cavalerie) sont envoyés à Rouen en octobre.

    La révolte est finalement écrasée fin novembre 1639. Les meneurs de la sédition sont condamnés à mort. 200 mutins sont bannis. L’impôt est non seulement rétabli mais aggravé. Le châtiment s’abat sur Rouen où le chancelier Séguier, commandant de cette répression, s’établit à l’abbaye royale de Saint-Ouen en 1640. Il loge ses soldats chez l’habitant, remplace la municipalité par une commission et interdit le parlement pour avoir laissé faire.

    Le centralisme monarchique et absolu est en marche !

    (1) :  le sel fait l'objet d'un monopole royal. Il est entreposé dans des greniers à sel, où la population l'achète déjà taxé. La gabelle représente à cette époque environ 6% des revenus royaux. Mais  la perception de la gabelle n'est pas uniforme, elle dépend des pays :

    - les pays francs, exempts d'impôts, soit parce qu'ils en sont dispensés lors de leur réunion au royaume de France, soit parce que ce sont des régions maritimes : Artois, Flandre, Bretagne, Vendée, Aunis, Basse-Navarre, Béarn ;

    - les pays rédimés (ou pays rédimés des gabelles) qui ont, par un versement forfaitaire, acheté une exemption à perpétuité :Poitou, Limousin, Auvergne, Saintonge, Angoumois, Périgord, Quercy, Bordelais, Guyenne ;

    - les pays de salines : Lorraine, Alsace, Franche-Comté, Lyonnais, Dombes Provence, Roussillon ;

    - le pays de quart-bouillon. Le sel y est récolté en faisant bouillir le sable imprégné de sel de mer. Les sauneries versent le 1/4 de leur fabrication aux greniers du roi qui le revendaient avec taxes, les ¾ restants étaient commercialisés par les producteurs, sans taxe : Cotentin ;

    - les pays de petite gabelle, où la vente du sel est assurée par des greniers à sel, mais où la consommation est généralement libre : Dauphiné, Vivarais, Gévaudan, Rouergue, Languedoc ;

    - les pays de grande gabelle où on doit acheter obligatoirement une quantité fixe annuelle de sel, ce qui transforme la gabelle en un véritable impôt direct : Normandie, Champagne, Picardie, Île-de-France, Maine, Anjou, Touraine, Orléanais, Berry, Bourgogne,Bourbonnais.

  • Randonné: Le méandre de Rouvrou

    Informations pratiques:

    Départ: la Roche d'Oëtre: accès depuis falaise par la RD 511, la RD 18 et la RD 239

    Durée de la rando: 2h15 (6km5)

    Difficulté: moyenne

    Références: carte IGN 1514E et fichier de 29 randos dans le Bocage Athisien

    Balisage: GR 36 pour les points 1-2 et 4-5 sinon c'est un balisage jaune.


    1. Du parkins de la Roche d'Oëtre, prendre la route (RD301) vers Rouvrou et s'engager dans le premier chemin à droite jusqu'au croisement
    2. Poursuivre tout droit en suivant le sentier des méandres.
    3. Descendre vers la gauche puis traverser le hameau de La Vallée. Franchir le pont sur la Rouvre et emprunter le chemin à droite jusqu'à la route.
    4. Passer le pont à droite et monter le raidillon à droite après la maison.
    5. S'engager sur le sentier à droite pour passer au-dessus des rochers des Gardes (panorama sur la vallée). atteindre le point 3 et revenir par le chemin utilisé à l'aller.