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barbey d'aurevilly

  • Histoire de la Normandie par Jean Mabire

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    par Thibault

    La Normandie... c'est d'abord l'aventure de ceux qui ont donné leur nom au pays: les hommes du Nord, entrés dans l'histoire et la légende sous le nom de Vikings.

    Depuis l'accord de 911, obtenu par Rolf le Marcheur à Saint-Clair-sur-Epte, les Normands n'ont cessé de se vouloir "premiers partout". Ils ont conquis l'Angleterre, régné en Sicile et fondé, avec leur duc-roi Guillaume, le premier Etat moderne à la fin du XIe siècle. Une position géo-politique exceptionnelle sur les rivages de la mer la plus fréquentée du monde fait de la terre des Normands le pont naturel entre le continent européen et l'Angleterre. Annexés en 1204 par Philippe-Auguste, ils seront déchirés longtemps entre Français et Anglais, avant de participer, bon gré mal gré, aux querelles qui agitent la France: réformés contre ligueurs, nu-pieds contre dragons, intendants contre parlementaires, fédéralistes contre jacobins. Outre-mer, ils ont découvert les Canaries, touché le Brésil et l'Insulinde, conquis la Floride, exploré la Louisiane, peuplé le Canada. A partir de 1945, ils reconstruisent leurs villes ravagées, continuent à "faire valoir" les campagnes et connaissent l'aventure industrielle de la Basse-Seine.

    Depuis La Chanson de Roland, les Normands donnent le ton aux lettres françaises avec Malherbe. Corneille, Barbey d'Aurevilly, Flaubert, Maupassant, La Varende... L'impressionnisme est né des couleurs de leur ciel. Depuis plus de dix siècles, ils ont réussi à maintenir, avec modération et ténacité, la seule vertu essentielle à leurs yeux: la liberté individuelle.

    Jean Mabire est né en 1927. D'abord "imagier" puis journaliste à Cherbourg, il fonde la revue normande Viking en 1949. Critique, romancier, historien, chroniqueur, reporter, il est avant tout normand. Il collabore à Haro. Heimdal et L'Unité normande. Jean-Robert Ragache, agrégé d'Histoire, est auteur d'un mémoire sur Les Colonies marchandes castillanes en Normandie au XVe siècle. Il est l'auteur d'un ouvrage sur les expéditions maritimes des Normands depuis le temps des Vikings, et a publié, en collaboration avec Gilles Ragache, une Vie quotidienne des intellectuels sous l'occupation.


    Auteur: Jean Mabire & Jean-Robert Ragache
    ISBN: 2-7048-0703-5


  • Barbey d'Aurevilly parle de l'Eglise Saint-Pierre de Caen

    « Trébutien m'a conduit voir Saint-Pierre, que le soleil lumineux de quatre heure, un soleil d'argent incandescent, plus que d'Or! Éclairait et fouillait dans tout les méplats de son anatomie d'architecture. Très frappé, quoique l'architecture soit de tous les arts celui qui me touche le moins, mon jugement et ma réflexion admettant bien que c'est le premier, puisqu'il les comprend tous, mais ma sensibilité et mon imagination n'étant pas à son service.

    Derrière le plus haut et le plus admirable monument, il y a de l'espace, et c'est toujours petit, ce que les hommes élèvent, vu à la hauteur du ciel! Je fait exception pour l'architecture romane, qui m'a toujours fait éprouver des tressaillements intérieurs; mais l'architecture romane est une confession du néant de l'homme, tandis que le gothique par exemple, qui veut être, avec de froides pierres, ce que les Pères des Thébaïdes appelaient une ascension du coeur, n'est que l'impuissance de monter jusqu'à Dieu.

    Nonobstant, aujourd'hui, j'ai compris Saint-Pierre, que Trébutien n'hésite pas à regarder comme la plus belle et la plus complète expression de l'idée chrétienne; il en préfère la flèche aux clochers de Chartres, plus hauts, dit-il, mais non plus élevés. L'élévation des monuments comme celle des hommes ne tient point à leur hauteur. »

  • Barbey d'Aurevilly parlant des landes du Cotentin

    « Elles sont les haillons sacrés qui disparaîtront au premier jour sous le souffle de l'industrialisme moderne; car notre époque, grossièrement matérialiste et utilitaire, a pour prétention de faire disparaître toute espèce de friches et de broussailles, aussi bien du globe que de l'âme humaine. »

  • Les fées en Normandie nullement bienfaitrices

    Tous les villages de Normandie ont ainsi leurs fées, et dans son livre « La Normandie romanesque et merveilleuse » Melle Amélie Bosquet nous a conté les aventures étranges de la fée d'Arrouges, si connue dans le Bessin, des fées du château de Pirou, qui se métamorphosaient en oies sauvages et en magiciennes; les mauvais tours de la Dame d'Aprigny, près de Bayeux, qui dans un val étroit et resserré, arrêtait le voyageur nocturne, l'entraînait dans le ravin, puis le saisissant brusquement, le jetait dans des fossés hérissés de buissons de ronces et d'épines inextricable.


    Les Milloraines ou Demoiselles, que tous les folkloristes n'ont eu garde d'oublier, car il leur a semblé qu'elles étaient d'origine scandinave. Elles sont de grande taille, se tiennent immobiles et ne montrent guère leur visage. Lors qu'on approche d'elles, elles s'évanouissent dans les arbres avec un bruit d'ouragan. D'autres fois elle se tiennent sur les branches des chênes et s'élancent sur les passants, sur les cavaliers, qui sentent tout à coup un poids sur leurs épaules, puis galopent en troupe avec eux.


    Les Milloraines de la Hague sont les surs des «  roussalki » russes de Pouchine.


    Barbey d'Aurevilly, dans « Une vieille Maitresse », attribue aux Milloraines la tâche de lavandières nocturnes qui, en marmonnant leur chant, accroupies sur la pierre polie des lavoirs, laveraient les linceuls des morts aux rayons de la lune. Bien, plus si un passant traversait la prairie où était situé le lavoir, les Milloraines le forçaient à tordre leur linge, et si terrifié, il s'y prenait mal, elles lui cassaient les bras et l'abandonnaient pantelant dans l'Herbe.

  • Ecrivains de Normandie: Trébutien

    Guillaume-Stanilas Trébutien est né le 9 octobre 1800 à Fresney-le-Puceux, dans le Calvados. Il apprend en autodidacte, l'arabe, l'hébreu, le persan et publie les Contes Inédits des Milles et une nuits.


    Conservateur de la bibliothèque municipale de Caen, il édite aussi d'anciens ouvrages français. Il fut l'ami fidèle et le confident par correspondance de Barbey d'Aurevilly.


    Il meurt à Caen en 1870. Il repose au charmant cimetière, aujourd'hui désaffecté, des Quatre-Nations.

     

  • Personnages de Normandie: Destouches, chouan normand

    le 18 mai 1858 meurt à l'asile d'aliénés du Bon-Sauveur de Caen, où il est interné depuis trente-deux ans, Jacques Destouches, celui-là même qu'a immortalisé Barbey d'Aurevilly dans son roman flamboyant, le Chevalier Des Touches.


    Destouches est né à Granville le 9 février 1780. Quand survient la Révolution de 1789, son père embrasse le parti de la chouannerie. Le fils suit le père, au point d'être arrêté en 1798 et condamné à mort. Libéré par un commando chouan, Destouches disparaît.


    On le retrouve à Londres, puis à Jersey où il projette d'attaquer Granville, estimant certainement que le nouvel ordre napoléonien ne vaut pas mieux que le régime révolutionnaire. Entre 1805 et 1809, il s'agite beaucoup à Londres, jusqu'à poser aux autorités britanniques la question de sa santé mentale. Il est finalement interné comme incurable à l'Hospice d'aliénés de Bedlam à Londres.


    Après plusieurs évasions, il revient en France où sa famille essaie de le prendre en charge. Hélas! Destouches est incurablement dément. Il est placé en 1826 au Bon Sauveur de Caen et n'en sortira plus.


    En 1856, Barbey d'Aurevilly a voulu voir Jacques Destouches. Son roman « Le Chevalier Destouches »est sorti en 1864. Dans un style à la fois réaliste et romantique, il brosse en quelques lignes le portrait de ce héros déchu, vêtu comme un matelot, au physique encore solide en dépit de ses soixante-seize ans mais à la tête à jamais aliénée. Perdu sur son banc de pierre et en proie aux démons de son passé.

  • Barbey d'Aurevilly, le plaisir aristocratique de déplaire

    source: Le spectacle du Monde

    « Il a traversé son époque en protestant avec hauteur contre tout. » Ainsi parlait Kléber Haedens de Jules-Amédée Barbey d’Aurevilly (1808-1889), écrivain normand noble et solitaire, monarchiste, poète, séducteur, brillant causeur, critique littéraire, journaliste politique et polémiste enflammé.

    Contre, l’auteur des Diaboliques l’était toujours. Contre son temps, contre l’idéologie du progrès, contre l’Académie, les bourgeois, Flaubert, le Parnasse, Zola jeune, Dumas fils, contre les incroyants, mais aussi les catholiques tièdes… Barbey a vécu et vomi tout un siècle à lui tout seul. Avec intransigeance certes. Mais avec quel style, quel panache, quelle distinction !

    Si son nom est souvent cité, son oeuvre et sa vie demeurent méconnus. Qui est donc ce contestataire acharné qui affirmait tant sa différence ? Qui est donc ce combattant des lettres qui regardait la société de son temps d’un oeil moqueur, implacable et acéré ? Qui est donc cet homme qui se proclamait tour à tour « le sagittaire », « lord Anxious », « le Titan de la Normandie », « le prince des ténèbres », « le solitaire de la rue Rousselet », ou encore « le roi des ribauds » ? Les surnoms que lui prêtent ses contemporains brouillent davantage les pistes. « Formidable imbécile », à en croire Victor Hugo, il fut, pour Lamartine, « duc de Guise des lettres françaises » et « scélérat plein de talent ». Aux yeux de Huysmans, il reste « le seul artiste, au sens pur du mot, que produisit le catholicisme de son temps ». Contesté par beaucoup, admiré par certains, Barbey avance masqué, non sans une vive jubilation : « J’ai toujours vécu dans le centre des calomnies et des inexactitudes biographiques de toute sorte, et j’y reste avec le plaisir d’être très déguisé au bal masqué. C’est le bonheur du masque qu’on n’ôte à souper qu’avec les gens qu’on aime. »

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