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artisanat

  • Traditions de Normandie: La Faïence de Rouen

    Le mot faïence caractérise, on le sait, un type de céramique bien déterminé. C'est à la base, une terre argileuse auquel le potier a donné au tour la forme désirée.

     

    Cette terre cuite appelée biscuit est ensuite recouverte d'émail en poudre à base d'étain, qui en se vitrifiant au cours d'une deuxième cuisson rend la pièce imperméable et opaque.

     

    Deux techniques différentes existaient pour la faïence décorée ancienne: la faïence de grande feu et la faïence de petit feu.

     

    Dans la faïence de grand feu, le décor est appliqué directement sur l'émail cru et les oxydes métalliques employés comme colorant s'intègrent dans l'émail avec lequel ils font corps pendant la cuisson. La vitrification de l'émail exigeant une température de 800 à 900°, seuls quelques colorants peuvent être utilisés (bleu, rouge, jaune, vert, violet). Cette technique, qui exige une grande sûreté de main, aucune retouche du décor n'étant possible, fut celle presque exclusivement adoptée à Rouen.

     

    Il devait revenir à un Normand, Masséot Abaquesne, de faire sienne cette technique venue de Perse et de la fixer finalement en notre pays à Rouen.

     

    Bien avant l'arrivée de Masséot Abaquesne, Rouen était déjà un centre actif de poterie. La qualité des argiles des bords de la Seine et la situation de la ville, centre de transit maritime, justifiant le choix de cette région pour une industrie céramique artisanale.

     

    Grâce aux recheches d'archives effectuées au XX ème siècle, l'oeuvre de Masséot Abaquesne appararaît dans toute son ampleur. Signalé à Rouen, dès 1526, il travaille successivement pour la Cathédrale de Langres, le château d'Ecouen, la bastide d'Urfé et reçoit d'innombrables commandes de ces pots de pharmacie. Avec son fils Laurence, il laisse des oeuvres qui témoignent d'une forte personnalité.

     

    Après la mort de Masséot Abaquene, la céramique de Rouen retombe en sommeil. Les difficultés financières de la fin du règne de Louis XIV vont par contre-coup, donner à la faïence de Rouen les possibilités d'un développement inespérés. Les lois édictées par le roi ordonnant la fonte de l'argenterie de table, ouvrent aux artisans faïenciers de Rouen la clientèle de la noblesse. À l'instar du roi et de la cour, tout la France, selon Saint-Simon, « se met en faïence ». ce sera tout d'abord l'imitation des grands plats armoriés, des soupières, des hanaps somptueux, dans un décor cette fois typiquement normand de style rayonnant. Ce décor, dans lequel comme des rayons partant du centre de la pièce, les éléments s'inscrivent dans un rythme d'alternance régulière.

     

    Les couleurs, à la fin du XVII ème siècle et dans le premier quart du XVIII ème siècle seront très sobre, bleu sur fond blanc, puis bleu et rouge. Le premier plat polychrome connu, le plat « Brument »est daté de 1699.

     

    Avec la Régence, puis sous Louis XV, les objets de faïence suivront. Quant aux formes, elles sont d'une incroyable variété, bannette à deux anses, sucrier, cache-pot, jardinière, écritoire, etc... ces pièces s'orneront de scènes galantes, de paniers fleuris, de carquois, bientôt ce sera le décor à la corne tronquée, à la double corne, à la guivre, à la tulipe, à la haie fleurie, à la pagode.

    Des oeuvres exceptionnelles témoignen à quel degré de maîtrise purent atteindre les faïenciers rouennais, qu'il s'agisse de ces plats à l'ocre au décor niellé, de ces sphères terrestres et célestes, du buste d'Apollon et de tant de grandes pièces.

     

    Sous Louis XV et Louis XVI, si les pièces perdent un peu leur qualité de style, il n'en reste pas moins que toujours le décor reste approprié à la forme et par l'art du faïencier intégré avec l'émail dans la masse et ne faisant qu'un avec elle.

     

    Mais avec la Révolution et la république et l'apparition du règne de l'industrie, il n'allait plus rester aux artisans aucune possibilité de travailler dans le respect et l'amour de leurs meilleures et anciennes traditions. Le dernier four s'éteint vers 1850.

     

    Si la France, connut aux XVII ème et XVIII ème siècles, plusieurs centre céramistes florissants, Rouen occupe une place toute particulière dans ce domaine.

    En effet les Rouennais sont les seuls à avoir su adapter leur style à l'évolution du goût depuis l'époque classique du règne de Louis XIV jusqu'à la Révolution, tout en restant fidèle aux procédés de fabrique qui avaient assuré leur renommée.

     

    Aussi peut-on aisément suivre l'Histoire de la faïence de Rouen presque époque par époque, grâce aux formes ou aux décors qui les caractérisent

  • Les armoiries des artisans de Pacy selon d'Hozier

    Boulangers, bouchers et chirurgiens:tiercé en pal au 1er d'or à une pelle de four de sable en pal, chargée de trois pains d'argent; au 2ème, de gueules à un susil de boucher d'argent, aussi posé en pal et au 3ème d'azur à une lancette d'argent emmanchée et clouée d'or.

     

    Les serruriers, maréchaux, charpentiers, maçons et tailleurs: d'azur à un Saint Eloy, d'or tenant en sa main dextre un marteau d'argent emmanché d'or.

  • Cuisine de Normandie:La Véritable Andouille de Vire

    par Marc

    La véritable andouille de Vire, fleuron de la Gastronomie Normande, issue d’un savoir-faire ancestral, est née il y a bien longtemps au coeur du bocage virois. Mentionnée à maintes reprises par Rabelais, c’est n’est qu’aux 18e et 19e siècle que Jean-Pierre Pourquet et Richard Seguin en découvrent et dévoilent les origines. Fabriquée comme autrefois, de manière artisanale, elle est, selon la recette édictée par le Syndicat de défense de l’andouille de Vire, composée exclusivement de ventrées de porc détaillées en lanières, salées et mises en saumure, additionnées de poivre, d’épices et d’aromates.
    Si les artisans spécialisés dans la production de véritables andouilles de Vire respectent, de manière rigoureuse, les différentes étapes de sa fabrication, ils n’hésitent pas à ajouter à leur recette une note personnelle ; un secret jalousement gardé qui fait toute la spécificité de leurs productions.

    UN PRODUIT DE QUALITE FABRIQUE DE MANIERE ARTISANALE
    L’élaboration de ce produit de terroir typique de Normandie commence par le nettoyage minutieux et la découpe des chaudins en fines lanières qui, après avoir été salées et mises en saumure pendant plusieurs jours, sont montées en écheveau sur une cordelette de chanvre et enmaillotées dans un chaudin fermé à chaque extrémité. Fumée à l’ancienne, au bois de hêtre, l’andouille crue, dite aussi andouille verte, acquiert peu à peu, au fil des jours, sa saveur particulière.

    Après une période minimale de trois semaines passée en fumoir, après avoir perdu environ la moitié de son poids et de son volume d’origine, l’andouille est déssalée, réhydratée, habillée d’un filet puis cuite pendant plusieurs heures à l’eau ou dans un court-bouillon. Sa robe marquée par l’empreinte des mailles du filet, l’andouille sortie de l’eau s’oxydant au contact de l’air prend alors sa couleur définitive. Ce n’est qu’après cinq à six semaines, voire plus, que la Véritable andouille de Vire, épousant une forme cylindrique plus ou moins régulière, d’une trentaine de centimètres de long pour quatre à six centimètres de diamètre, revêtue de l’estampille attestant de son authenticité, est enfin prête à être commercialisée sur les étals des charcuteries et des marchés de la région.

    L’ART DU BIEN MANGER
    Moelleuse, fondante en bouche, fumée ou non, au gôut doux ou lègèrement prononcé, la Véritable Andouille de Vire, symbole de qualité et d’excellence, pur délice pour les adepte du bien manger, tout en offrant d’exceptionnels moments de convivialité, se marie à merveille avec pavés de saumon, ris de veau, feuilletés, gratins à la crème de Pont-L’Evêque, filets de bar ou de dorade rôtis.

    LA FABRICATION ARTISANALE DE L’ANDOUILLE DE VIRE
    Fleuron de la Gastronomie Normande, produit de terroir issu d’une longue tradition, la Véritable Andouille de Vire est encore fabriquée de nos jours par quelques artisans Maîtres-Charcutiers Virois et du bocage alentour dans le plus strict respect de la tradition.