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alphonse-georges poulain

  • Histoire de Normandie: Des abris préhistoriques près de Vernon

    Dans les bois de Mestreville, se trouvent des abris sous roches situés à mi-côte entre la route nationale de Paris à Rouen et la crète dominant la vallée de la Seine, entre la commune de Saint-Pierre d'Autils et le hameau du Goulet.  

     

    Ces abris dont la pierre est un calcaire pénétré de silex appartenant à l'âge sémonien ont été fouillés par M. Poulain, archéologue en 1902,1903 et 1904. ils sont au nombre de quatre.

     

    1. Abri du Mammouth: situé approximativement à 30 mètres au-dessus du niveau de la Seine, formé par une muraille rocheuse d'environ 5 mètres de haut sur 7 mètres de long. Le sommet est très épais avec anfractuosité: il s'avance en surplomb et forme une cavité d'environ 2mètres de profondeur.

      Une première fouille fit découvrir à 1m 30 de profondeur dans une couche argilocalcaire très compacte, une dizaine de lames en silex, des fragments d'ossements et de corne de renne; cette couche variait en épaisseur de 40 centimètres à 80 centimètres.

      La continuation des fouilles à 1m70 de profondeur amena la découverte d'un tibia d'éléphans primigenius long de 60 centimètres. Tout près se trouvait un petit foyer de 30 centimètres de diamètre resserré entre deux pierres portant des traces de feu.

      La paroi du rocher près de cet abri, ayant été déblayée des éboulis, M.Poulain découvrit une plate-forme horizontale d'environ 20 mètres carrés sur laquelle furent ramassés: une pointe mousterienne non retouchée, des éclats et une stapule en os de 12 centimètres. Non loin de là fut trouvé un couteau à soie.

    2. Abri du squelette néolithique: distant environ de 20 mètres du précédent; ouverture de 4 mètres de haut avant les fouilles, formé par des rochers en saillie d'environ 10 mètres de long.

      A un mètre de profondeur, M. Poulain découvre un foyer circulaire, amas de cendres et de charbons de 1 mètres de diamètre et de 25 centimètres de hauteur, des quantités d'éclats de silex et des instruments paraissant être l'outillage nécessaire à la fabrication de poterie néolithique. Un second abri, au niveau des cendres était obstrué de grosses pierres et contenait un squelette humain reconnu pour être celui d'une femme ayant sensiblement dépassé l'âge adulte. Les pierres posées en avant du squelette comme pour le garantir semblent indiquer qu'il s'agissait d'un lieu de sépulture.

    3. Grotte sépulcrale: située à l'extrémité sud-est de l'abri du mammouth; entrée large de 1 mètre sur 1mètre 20 de haut environ se poursuivant sur 8 mètres de longueur en se rétrécissant et se terminant par deux boyaux de 70 centimètres de haut et autant de large. Le plan de la grotte offre la forme d'un Y.

      A 2 mètres de profondeur, M. Poulain a trouvé des ossements humains, débris de trois squelettes appartenant à un adulte et à deux enfants de 4 et 7 ans,

      devant cette grotte se trouvent des rocs d'une hauteur de 2mètres 50, une fouille faite au pied amena la decouverte de poterie néolithique, de quelques nuclées et éclats de silex ainsi qu'une lame du type La Madeleine.

  • Histoire de la Normandie:Alphonse-Georges Poulain, archéologue Normand

     

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    Alphonse-Georges Poulain a eu un grand rôle dans l'archéologie vernonnaise et, plus généralement, normande, dans la vie artistique et culturelle de son époque, a été considérable durant une très longue vie.

    En effet, né en 1875 à Avrilly près de Damville dans le Pays d'Ouche, il meurt à Saint-Pierre d'Autils près de Vernon, le 19 février 1966 à plus de 90 ans; il est arrivé en 1898 dans cette maison de Saint-Pierre d'Autils qu'il ne devait plus quitter et qui est actuellement occupée par ses enfants; sa pièce et ses archives y sont conservées.

    Sitôt arrivé à Saint-Pierre d'Autils, avec curiosité, en "honnête homme" digne du XVIIIème siècle, il explore et trouve, de manière inattendue, des occupations préhistoriques dans les abris-sous-roche de Mestreville, situés, dans la localité qu'il habite, à quelques centaines de mètres de sa maison, dans les coteaux de la Vallée de la Seine. Cette proximité, son opiniâtreté et sa passion lui permettent d'identifier, pour la première fois, dans la région:

    • la présence d'un groupe de "Magdaléniens" dans le seul abri-sous-roche encore actuellement connu pour cette période en Haute-Normandie.
    • Le seul ensemble sépulcral strictement chasséen connu dans le bassin Parisien en contexte non mégalithique.

    Après ce début prometteur, suivent les fouilles du Goulet (1904), de Saint-Pierre-la-Garenne (1909), de Saint-Aubin-sous-Gaillon (1910-1911), de Vernonnet (1925-1926), de Saint-Just (1925), de Houlbec, de Cocherel et d'Hardencourt (1929-1930) etc...

    L'esprit scientifique qui entoure l'exécution de ces fouilles est assez rare pour l'époque: A.G Poulain publie le résultat de ses travaux, confie certains matériaux issus de ses fouilles à des spécialistes, participe à la vie associative scientifique régionale.

    Ainsi, à partir de 1902, il est membre de la Société Normande d'Etudes Préhistoriques dont il sera d'ailleurs plus tard président.

    Sa curiosité a largement dépassé la seule archéologie. Il est l'auteur de nombreux travaux d'histoire sur Vernon et sa région, sur l'Eure. Tout naturellement il a été conservatzeur du Musée de Vernon qui porte son Nom

    A.G. Poulain s'est intéressé à beaucoup d'autres domaines; il s'est adonné aux arts plastiques. L'ensemble de ses activités concerne en fait la "Culture", avant même que cette notion soit conçue et exprimée.

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