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agriculture

  • Dictons Normands pour le mois d'août

     

    • au mois d'août, le vent est fou.

    • Quiconque sur midi d'août dormira, s'en repentira.

    • À la Transfiguration, récolte tes oignons.

    • Qui sème à la Saint-Laurent, y perd sa graine et son temps.

    • À la Sainte Hélène, la noix est pleine.

    • Quand vient la Saint Bernard, pour moissonner il est déjà bien tard.

    • Ce que août ne mûrit pas ce n'est pas septembre qui le fera.

    • Canards et oies volant de droite et de gauche avant de plonger, pluie d'orage va battre aux croisées.

    • Le Mont coupe l'orage en Deux.

    • Temps pommelé, filles fardée ne sont pas de longue durée.

    • Si août est beau, c'est signe que l'Hiver sera bon.

    • Pluie d'août fait marrons.

    • Quand même la couche serait à ton goût, ne dors pas sous le soleil d'août.

    • À la Sainte Claire, s'il éclaire ou tonne c'est l'annonce d'un bel automne.

    • À la Saint Hippolyte, quand l'eau abonde c'est misère dans le monde.

    • Pluie à la Saint Barthélemy, de la vigne est l'ennemi.

    • C'est le mois d'août qui donne au vin le bon goût.

    • Quand août n'est pas pluvieux, septembre est souvent radieux.

    • Pluie de Saint Augustin rend le sort des noix incertain.

    • Pluie à la Sainte Sabine est une grâce divine.

    • Août mûrit, septembre vendange, en ces deux mois tout bien s'arrange.

     

    Pour ceux qui serait surpris des dictons sur la vigne et le vin. La Normandie a été d'abord une terre viticole avant d'être une terre cidricole. Y a toujours des viticulteurs en Normandie, dont le plus célèbre est les Arpents du Soleil. 

  • Culture de Normandie: Dictons normands du mois de mai

     

    • Voici le printemps de merveille, Voici le joli mois de mai.

    • Le mois de mai de l'année décide la destinée.

    • Petite pluie de mai rend tout le monde gai.

    • Pluie du premier mai présage année fertile.

    • Beaucoup de fleurs en mai, bel été assuré.

    • Plus mai est chaud, plus l'an vaut.

    • Rosée de mai, automne gai.

    • Quand il tonne, en mai, les vaches ont du lait.

    • Saint Mathias casse la glace, s'il n'en trouve pas il faut qu'il en fasse.

    • À la sainte Denise, le froid n'en fait plus qu'à sa guise.

    • S'il tonne au jour de la Saint Pascal, sans grêle ce n'est pas mal.

    • S'il gèle à la Saint Bernardin tu peux dire adieu à ton vin.

    • Beau temps de Saint Émile donne des fruits à la folie.

    • Chaleur de mai fleurit ta haie.

    • Soleil de Saint Germain promet du bon raisin.

    • Mai mouillé, foin au pré.

    • Mai fait le blé, juin fait le foin.

    • Bourgeon de mai remplit le chai.

  • Culture normande: légende « Les six compagnons ».

    par Henri Carnoy, 1879.  

     

    Six paysans se trouvaient un jour réunis à la veillée.

     

    • J'ai toujours eu l'intention, dit l'un, d'aller voir la mer. Malheureusement, il ne m'a pas encore été permis de me contenter. Vous plairait-il de partir demain avec moi pour voir cette grande masse d'eau dont on dit tant de merveilles?

     

    Tous ayant accepté, on convint de partir le lendemain. Le jour fixé, les paysans se mirent en marche. Ils arrivèrent bientôt en vue d'une grande plaine remplie de blés auxquels le vent communiquait des ondulations pareilles à celles de l'Océans.

     

    • La mer! La mer! S'écrièrent à la fois les six compagnons, qui se jetèrent à plat ventre dans les épis pour nager.

     

    Ils arrivèrent à un puits profond. Craignant qu'un d'eux ne fut dans le gouffre, ils se comptèrent.

    • un, deux, trois, quatre, cinq, dit l'un en oubliant de se compter. Il y en a un dans le puits. Que faire? Écoutez, je vais l'appeler. Hé! Thomas, y es-tu?

     

    Il leur sembla distinguer le mot oui. Afin d'arriver au fond pour remonter leur camarade, ils appuyèrent par les deux bouts un bâton sur les bords du trou; puis Jacques, le plus fort de la bande, se suspendit par les mains à la canne. Un autre se cramponna à ses pieds,puis encore un autre, jusqu'au dernier.

     

    «Le vois-tu? Cria Jacques à celui-ci. Hâte-toi, car mes mains me font mal.

     

    • Je ne l'aperçois point.

    • Il m'est impossible de vous soutenir ainsi plus longtemps. Tenez-vous bien pendant que je vais cracher dans mes mains.

     

    Et le paysan, lâchant le bâton, tomba avec ses compagnons au fond de l'eau bourbeuse, qui les engloutit à jamais.

  • Histoire rurale de la Normandie.

     

    Les toponymes celto-romains, francs et scandinaves, attestent, par leur nombre, de l'ancienneté de la mise en valeur agricole de la Normandie, notamment, dans le Pays de Caux, le Roumois, la plaine de Caen et le Cotentin.

     

    Du XI ème au XII ème siècle, les défrichements se multiplient, ouvrant dans les massifs forestiers de vastes clairières le long de hameaux-rues, aux parcelles laniérées et les boëls.

     

    Les guerres du XIV ème et XV ème siècles ne laissent aucun répit à la Normandie, et déterminent ici plus qu'ailleurs une profonde récession qui se prolonge par les guerres de religion du XVI ème siècle.

     

    Mais, dès la période ducale, la Normandie est fameuse par sa richesse agricole. Les bons rendements en blés et les troupes de moutons des plaines, les chevaux et parfois les bovins des plus riches seigneuries, les nombreux élevages de porcs des forêts et des landes se combinent pour assurer à la province normande cette réputation flatteuse que n'oublieront plus jamais les responsables des finances royales.

     

    Cependant au début du XVIII ème siècle, l'agriculture normande apparaît bien médiocre. Sur les sols pauvres du massif ancien, les landes occupent de vastes espaces et dans les terres cultivées, le seigle, l'orge et le sarrasin alternent avec des jachères intensifs: une année sur trois, la jachère remplace le blé et l'avoine.

    Partout sauf dans le Cotentin, le Pays d'Auge et le Pays de Bray, l'élevage se limite à quelques étables de mauvais bovins et à des troupes de moutons dont la laine est de médiocre qualité.

     

    À partir du XVIII ème siècle, tandis que l'augmentation générale de la population impose une intensification des systèmes, le développement des villes de la Basse Seine et de Paris crée un vaste débouché pour les produits de l'élevage. Dans le Pays de Caux, à l'imitation du système anglais, des cultures fourragères remplacent la jachère et permettent un développement de l'élevage tout en améliorant les rendements céréaliers. Ainsi se trouve crée un système très intensif, associant culture et élevage qui va s'imposer dans la plus grande partie des plaines de la Normandie orientale.

     

    Ailleurs et notamment autour des vieux marchés d'Isigny, de Livorat, de Pont l'Evêque, de Neufchâtel et de Gournay, réputés pour leurs beurres ou leurs fromages, les produits de l'élevage retiennent seul l'intérêts. En effet, les sols argileux du Bessin, du Pays d'Auge et du Pays de Bray se prêtent mal aux labours alors que les herbages peuvent y être remarquables.

     

    Dans ces trois pays de Normandie s'impose dès le XVIII ème siècle, une économie exclusivement herbagère. Jusqu'en 1940, celle-ci ne va cesser de s'étendre, remplaçant les labours de proche en proche, jusqu'à occuper la plus grande partie de la Normandie occidentale. L'élevage auquel il faut ajouter les céréales et les cultures industrielles des plaines orientales, redonnent à la Normandie, sa vieille réputation d'opulence.

     

  • Culture de Normandie: Conte normand « Comme au Far-West »

    Vos savez-ti c' qu'est arrivé au père Philoque, ma parole, y s'est cru au far-west! Un drôle de cowe-boi, le père Philoque! J'tiens c't'histoire du n'veu au père Machure qu'a vu l'vétérinaire y a peu d'temps.

     

    Vos savez qu'il doit passez dans nos fermes pour la prophylaxie. Y vaccine contre la tuberculose un jour, pis y r'vient deux jours pus tard pour vérifier l'résultat et faire l'vaccin d'la fièvre aphteuse. Nos est prévenus du jour de son passage, s'pas? Alors les vaches restent à l'étable pour faciliter son travail. Y faudrait pas qu'il coure dans les champs après les bêtes. Y perdrait trop d'temps!

     

    Eh ben, l'père Philoque avait mis la lettre sur le buffet et l'avait oubliée. Quand le véto s'est pointé, l'étable était vide!

     

    • Alors, père Philoque, vous avez caché vos vaches? Qui fit l'gâs.

    • Hêlo! C'est vrai! J'vous avais oublié! C'est-ti bête tout d'même! Les vaches sont au champ!

    • Eh bien, je repassarai!

    • Non, non! Attendez! Y en n'a pas pour longtemps! Vos allez voir!

     

    Le fermier entra dans la maison et en sortit peu après, bardé de cartouchières, un fusil à la main, tel Tartarin allant à la chasse aux lions.

     

    • Ah mais! Vous partez à la guerre?...

     

    Il ne répondit pas et alla chercher un cheval à l'écurie. Il grimpa dessus, claque la langue pour appeler ses chiens et dit en se retournant vers le véto:

     

    • ça n's'ra pas long, j'vous dis! Attendez là! les vaches vont bentôt arriver!

     

    Il partit au trot, suivi des chiens. Le champ n'était pas très loin. Il y arriva rapidement et tira deux coups de fusil en l'air, tout en effectuant un mouvement tournant pour prendre les vaches à revers. Ces dernières, alertées par les coups de feu, revinrent vers la ferme. Comme elles n'allaient pas assez vit, le père Philoque, après avoir rechargé son arme, tira plusieurs coups de fusil, tout en tournoyant autour du troupeau tandis que les chiens aboyaient.

     

    Les bêtes effrayées se mirent aussi vite que leur masse le leur permettait. C'est au galop dans un nuage de poussière que le troupeau s'engouffra dans l'étable suivi du cowe-boi qui tenait son fusil fumant à la main.

     

    • voilà! Qui fit en descendant du canasson. Vos n'avez pas trop attendu?

    • Eh bien! Buffalo Bill n'aurait pas fait mieux! J'ai cru que vous les attraperiez au lasso... enfin!

    • Vos n'avez pus qu'à les piquer maintenant!

    • Je me demande si je ne devrais pas les piquer avec un arc et des flèches pour rester dans l'ambiance du far-west!

  • La Chanson du Paysan de Frédéric Mistral

     

    De Photos de Normandie
    sur l'air des "Vendanges Provençales"

    Pour les syndicats des Paysans de Provence


    Le paysan en tous pays -est le support de la

    nation; on aura beau chercher, beau inventer, -

    il faut que se remue la terre: et, tant que le monde

    n'aura pas pris fin, il faut qu'il y ait et

    du pain et du vin.


    Laissez-les courir vers la ville, - ceux dont les

    côtes sont en long: - à l'hospice, mon bon, tu

    verras qu'à la fin tout cela défile; mais dans

    les champs le paysan est roi et cent fois plus

    heureux qu'il ne le pense.


    Qui donc le passe plus joyeux, plus libre que

    le paysan? Quand le soleil brûle le sang, lui,

    les pieds nus, dans sur l'aire; et quand la neige,

    l'hiver, tombe à flocons, de paille souple il bourre

    ses sabots.


    Les travailleurs de la terre, lorsqu'ils sont làs,

    se couchent de bonne heure; de bon matin, le

    collier est aux bêtes, et si quelqu'une perd un

    fer, tout en passant devant le maréchal ils

    boivent la goutte et font ferrer tout chaud.


    Les paysans, il nous faut tout savoir:

    connaitre au temps et au travail, connaitre la nou-

    velle lune et quand le sol peut recevoir une

    culture qui soit bonne et propice pour les se-

    mailles et le beau blé de Dieu.


    Aussi bien les messieurs râpés et certains faiseurs

    d'embarras parfois nous ôtent le chapeau

    pour nous atteler à leur puits: mais ravisés

    contre leurs patenôtres, un jour nous saurons

    employer nos droits.


    Viens ce jour où sages tous et réunis en

    syndicats, nous serons tous d'accord pour

    maintenir notre Provence et ses usages,

    aux charlatans, aux flibustiers, nous conseillons

    de changer de métier.