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  • Cuisine de Normandie: La Bénédictine

    En 1863, M. Alexandre Le Grand, négociant à Fécamp, aurait découvert un vieux grimoire du XVI ème siècle donnant la recette d'un élixir monacal, fort goûté au Moyen-Age, mais perdu après la dispersion des moines lors de la Révolution. S'il existait effectivement une importante communauté de Bénédictins à Fécamp au Moyen Âge, non loin des célèbres communautés, bénédictines elles aussi, de Jumièges et de Saint-Wandrille, on peut néanmoins se demander s'il s'agit là, le fameux grimoire n'ayant pas été conservé, d'une découverte authentique.

     

    Mais si ce n'est pas vrai, l'histoire n'en est après tout que plus belle, et Alexandre Le Grand, au nom prédestiné, aura eu là une idée de génie, la première d'une série de coups de maître dignes de figurer dans les annales de publicité. En effet, après avoir patiemment mis au point la fameuse liqueur, il a la bonne idée de l'appeler « Bénédictine », pieuse caution, alcool béni qui fera le tour du monde.

     

    Pour mieux asseoir cette image de marque, Alexandre Le Grand a en outre l'idée de faire édifier, dans le plus pur style néo-gothique cher à Viollet Le Duc, l'étonnant palais abbatial qu'on visite encore aujourd'hui, et dont le musée vaut à lui seul le détour.

     

    Ajoutons à cela de vastes campagnes publicitaires faisant appel aux grands noms de l'affiche alors que ses contemporains en sont encore aux annonces mesquines et confidentielles. Quant à la forme de la bouteille et la sobriété de l'étiquette, elles sont d'un tel achèvement et d'une telle adéquation à la marque, que les successeurs de ce grand capitaine d'industrie se garderont de changer quoi que ce soit. En revanche, ils devront payer la rançon du succès en faisant une chasse inlassable aux usurpateurs, ainsi que nous le révèle aujourd'hui l'extraordinaire collection de contrefaçons constituée par le musée de la Bénédictine.

     

    Depuis 1863, la bénédictine a connu un succès grandissant et sa réputation a eu tôt fait de dépasser les frontières nationales. Pour mieux satisfaire le goût de la clientèle anglo-saxonne, un nouveau produit est apparu sur le marché le B and B ( bénédictine and brandy), alliant la saveur de la Bénédictine à l'arôme plus corsé du cognac.

     

    Quant au secret de la Bénédictine, qu'il suffise au visiteur de respirer les odeurs des innombrables plantes et épices qui attendent de subir leur transmutation dans les imposants alambics de cuivre rouge, prélude au vieillissement en cave dans les grands foudres de chêne.

     

    Mais le goût, demanderez-vous? En bons Normands, nous répondrons qu'il y a ceux qui aiment les liqueurs et ceux qui ne les aiment pas, leur préférant notamment un solide calvados. Mais pour ceux et surtout celle qui n'ont pas le gosier assez vaillant, il n'est de liqueur en Normandie que Bénédictine.

    en savoir plus le site de la Bénédictine ( site accessible qu'aux personnes majeures)