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16ème siècle

  • Culture de Normandie:Un poème de François de Malherbe

    François de Malherbe poète Normand

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    Pour les pairs de France, assaillants au combat de barrière

    Et quoi donc ? la France féconde
    En incomparables guerriers,
    Aura jusqu'aux deux bouts du monde
    Planté des forêts de lauriers,
    Et fait gagner à ses armées
    Des batailles si renommées,
    Afin d'avoir cette douleur
    D'ouïr démentir ses victoires,
    Et nier ce que les histoires
    Ont publié de sa valeur ?

    Tant de fois le Rhin et la Meuse,
    Par nos redoutables efforts
    Auront vu leur onde écumeuse
    Regorger de sang et de morts ;
    Et tant de fois nos destinées
    Des Alpes et des Pyrénées
    Les sommets auront fait branler,
    Afin que je ne sais quels Scythes,
    Bas de fortune et de mérites,
    Présument de nous égaler ?

    Non, non, s'il est vrai que nous sommes
    Issus de ces nobles aïeux,
    Que la voix commune des hommes
    A fait asseoir entre les dieux ;
    Ces arrogants, à leur dommage,
    Apprendront un autre langage ;
    Et dans leur honte ensevelis
    Feront voir à toute la terre,
    Qu'on est brisé comme du verre
    Quand on choque les fleurs de lis.

    Henri, l'exemple des monarques,
    Les plus vaillants et les meilleurs,
    Plein de mérites et de marques,
    Qui jamais ne furent ailleurs ;
    Bel astre vraiment adorable,
    De qui l'ascendant favorable
    En tous lieux nous sert de rempart,
    Si vous aimez votre louange,
    Désirez-vous pas qu'on la venge
    D'une injure où vous avez part ?

    Ces arrogants, qui se défient
    De n'avoir pas de lustre assez,
    Impudemment se glorifient
    Aux fables des siècles passés ;
    Et d'une audace ridicule,
    Nous content qu'ils sont fils d'Hercule,
    Sans toutefois en faire foi ;
    Mais qu'importe-t-il qui puisse être
    Ni leur père ni leur ancêtre,
    Puisque vous êtes notre Roi ?

    Contre l'aventure funeste
    Que leur garde notre courroux,
    Si quelque espérance leur reste,
    C'est d'obtenir grâce de vous ;
    Et confesser que nos épées,
    Si fortes et si bien trempées
    Qu'il faut leur céder, ou mourir,
    Donneront à votre couronne
    Tout ce que le Ciel environne,
    Quand vous le voudrez acquérir.