Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

écrivain de normandie

  • André Maurois parle de la Ville de Rouen

    extrait de Rouen dans «Portrait de la France» (1927)

     

    « En sortant de la gare* je découvrais Rouen. C'était un plaisir de chaque matin. La rivière, étalée entre la ville et nous, mettait le tableau à bonne distance. Une rangée de maisons grises, régulières, bordait les quais. Derrière cette noble façade, la ville ramassée sur elle-même, enfermée entre le fleuve et la côte, montait à l'assaut des collines. Des croupes vertes de Bonsecours aux pentes de Canteleu, le ciel était peuplé de tours, de clochers. La triple couronne de la cathédrale formait un centre et un sommet. »

     

    * la gare dont parle Maurois, c'était l'ancienne gare d'Orléans détruite au cours de la seconde guerre mondiale.

  • Guy de Maupassant parle de la ville de Rouen

    extrait de Bel Ami (1885)

     

    « La ville apparaissait sur la rive droite, un peu noyée dans la brume matinale, avec des éclats de soleil sur ses toits, et ses milles clochers légers, pointus ou trapus, frêles et travaillés comme des bijoux géants, ses tours carrées ou rondes, coiffées de couronnes héraldiques, ses beffrois, ses clochetons, tout le peuple gothique des sommets d'églises que dominait la flèche aiguë de la cathédrale, surprenant aiguille de bronze, laide, étrange et démesurée, la plus haute qui soit au monde.

     

    Mais en face, de l'autre côté du fleuve, s'élevait, rondes ou renflées à leur faîte, les minces cheminées d'usine du vaste faubourg de Saint-Sever. Plus nombreuses que leurs frères clochers, elles dressaient jusque dans la campagne lointaine leurs longues colonnes de briques et soufflaient dans le ciel bleu leur haleine noire de Charbon. »

  • Ville de Normandie: Falaise

    Lorsqu'on arrive à Falaise par la route de Caen, la ville se déploie au-dessus du val d'Ante dans un mouvement très séduisant. L'église Saint-Gervais se présente au premier plan comme vêtue de dentelles; les maisons qui s'étagent alentour sont couvertes de toitures en cloche d'un rouge sombre et homogène. Bien qu'appuyée sur des escarpements, ce fut une des villes les plus cohérentes de France. Elle l'est presque restée malgré les horreurs de la guerre parce qu'elle reçoit l'influence du site auquel elle est attachée et que ses reconstructeurs ont opéré avec un rare souci de retrouver ses accents, ses rythmes, ses couleurs.

     

    La bataille de Falaise fut une des plus dures de celles qui suivirent le débarquement de 1944. Pendant trois mois la ville subit les bombardements alliés, puis un combat serré se livra durant un mois entre l'armée de von Kluge et celle de Montgomery dans la poche de Mortain-Argentan-Falaise, combat qui devait se terminer, près de Falaise, par l'encerclement des allemands.

     

    Si quelque chose peut étonner, c'est qu'une ville qui connut tant de combats ait encore conservé l'essentiel de ses monuments. Mais il faut dire qu'on n'en a pas encore pansé toutes les blessures.

    Lire la suite

  • Ecrivains de Normandie: Alexandre de Bernay

    Les premiers poèmes d'Alexandre de Bernay parurent à l'occasion de la paix de Chinon, le 18 septembre 1214. Cette paix consacrait les victoires du Roi de France, Philippe II Auguste, valait bien quelques poèmes, et l'histoire de la littérature aurait aussitôt oublié cet obscur trouvère né à Bernay en 1150, s'il n'avait été le père du vers de douze syllabes.

    L'alexandrin qu'immortalisera plus tard l'autre écrivain normand Corneille.


    C'est en s'attelant avec Lambert Le Tort à un monumental poème épique de 17 952 vers, Le Roman d'Alexandre, que notre trouvère Normand inventa ou du moins introduisit dans ce qui était déjà la langue française, le vers de douze pieds.


    Plus tard, on appela cette merveilleuse machine à scander la tragédie, l'Alexandrin.

  • Ecrivain de Normandie: Georges Sorel

    Georges Sorel

    sorel.jpg

    Né en 1847 à Cherbourg de parents de vieille souche normande, Georges Sorel décède le 27 août 1922.

    Son père est un gros négociant en eaux minérales et le jeune Sorel connait très tôt le confort de la vie aisée. Il fait de brillantes études d'abord au lycée de Cherbourg, qu'il poursuit à Paris au collège Rollin, et à Polytechnique et enfin à l'école des Ponts et Chaussées.

    Il commence alors sa carrière en Corse, puis en Algérie, en tant qu'ingénieur jusqu'en 1892.

    La classe ouvrière qu'il découvre et apprend à connaître lui apparaît alors comme la seule force capable de régénérer l'humanité.

    En 1908, son article «Apologie pour la Violence» publié dans Le Matin, puis la parution de son livre « Reflexions sur la violence » connaissent un écho retentissant dans le monde politique.

    En 1922, Mussolini encore socialiste remerciait Sorel:

    « Ce que je suis, je le dois d'abord à Sorel. C'est ce maître du syndicalisme qui, par ses rudes théories sur la tactique révolutionnaire, a contribué le plus à former la discipline, l'énergie et la puissance des cohortes des faisceaux.»

    Lénine fut également un « élève appliqué du système de Sorel, qui voyait dans ce nouveau maître de la Russie le « sauveur de la classe ouvrière ».

    Déchirée entre Bolchévisme et fascisme, l'histoire ne put lui donner raison.