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Paysages de Normandie: la Vallée d'eau du Cotentin

La mer gonfle les rivières, s'étend plus loin à l'intérieur des terres et trasforme le paysage quand vient l'hiver. Etonnante et belle vallée dont Barbey d'Aurevilly parle avec amour « Rien n'est plus désolé mais rien n'est plus beau.C'est surtout l'hiver qu'il faut voir ces marais, devenus des vallées d'eau infinies, désolées, monotones et que rien n'anime plus. », il écrira aussi « Ces marais sont magnifiques d'étendue, de tristesse et d'une tristesse à eux, d'une autre tristesse que les landes. Ce sont des landes mouillées, qui deviennent des lacs. »

 

Les marais du Cotentin et du Bessin traversent le Cotentin de part en part d'est en ouest, de la Baie des Veys au Havre de Lessay. Plus d'une centaines de communes appartiennent au territoire vaste de 25 000 hectares de zone humide. Sur la côte, à hauteur du Grand Vey qui s'adosse aux dunes de Beaugillot et plus loin d'Utah beach, la Douve rejoint la mer par le canal qui s'y jette depuis Carentan. Au sud, séparée par une zone de polders, la Vire et l'Aure s'en vont de même inonder les prés jusque dans le Bocage.

 

Du littoral, il faut gagner l'intérieur des terres et s'y perdre. Ce pays est une oeuvre d'art que la nature habite et qu'on protège: il y a ici autant de prairies humides, inondées et blanchies l'hiver, que d'histoire.

Autrefois, la zone des marais du Cotentin était terre de culture. Outre l'élevage, on en tirait de nombreuses autres ressources: la Tourbe mais aussi le rotz, le jonc, le bois des aulnes ou l'osier, il reste ici ou là, à l'intérieur de minuscules villages, quelques artisans esseulé qui maintiennent les traditions. Ils sont encouragés par l'équipe du Syndicat Mixte du Parc Naturel Régional des Marais du Cotentin et du Bessin. . On a ici recensé jusqu'à 3 500 maisons en terre caractéristiques des Marais.

 

Le Patrimoine et les traditions sont choses sacrées: aux premiers beaux jours du Printemps: la mise aux marais communaux des bêtes est prétexte à fêtes et rassemblements.

 

Pour vous en faire une idée, il faut grimper au petit village de Liesville-sur-Douve. Le site autour de l'église et de quelques maisons et fermes domine la Douve qui l'hiver commence à lécher les pieds des maisons. Il y a au bas du village une petite route qui traverse les marais en direction de Picauville et de Beuzeville-la-Bastille. C'est l'âme des marais qu'on approche, la douceur de l'eau, le calme d'une rivière qui plus loin s'en va gonfler les prés. Le froid, le vent, les gelées blanches viennent avec l'automne et les marais se figent: vallée d'eau qui devient miroir étonnant paysage qui plonge dans un premier sommeil et que la douceur des premiers beaux jours du printemps tardera à réveiller.

 

Il y a ici toutes sortes d'oiseaux qui viennent, l'hiver y nicher et s'endorment sous les arbres mors, compagnons endormis des rivières glacées.

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