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Tradition de Normandie:Blanches coiffes et blancs bonnets

«  J'ai encore connu dans ma première enfance, des bonnets de coton, mais ils n'étaient plus portés que par des vieillards » raconte Joseph l'Hôpital au début du siècle dans Ceux de Normandie.

 

« Les lieux de ma mémoire, ajoute-t-il, distinguent quelques antiques paysans affublés de ce couvre-chef. L'un d'eux assis près de sa porte sur une bancelle; le mir de la maison lui sert de dossier. C'est un vieux tout cassé, vêtu d'une blouse au bleu usé et d'un mauvais pantalon, chaussé de sabots de hêtre.

Le bonnet, dont la mèche retombe sur le côté, emboîte sa tête et chevauche ses oreilles; au dessous, il y a un grand nez un peu branlant surmontant une bouche sans dents aux lèvres rentées et flanqué de deux yeux pâles qui larmoient à l'ordinaire, mais qui, lorsque le bon-homme tire de dessous sa blaude sa tabatière, s'allument de malice et de gourmandise.

Voici venir sa bonne femme, tandis que les cloches sonnent la sortie de la messe. Grande paysanne sèche au profil autoritaire, enveloppée d'une ample mante noire cerclée de bandes de velours sur les épaules et la poitrine. Le temps n'est plus aux grandes coiffes que portaient encore les fortes filles, assises sur des bidets d'allure, qui firent escorte à la duchesse d'Angoulême lors de son voyage en Normandie. Elle a serré celle qu'elle avait étant d'mouéselle dans l'armoire de mariage, auprès de la huche à pain; elle ne se coiffe plus que du bonnet plat

Il semble bien que les coiffes normandes, de cérémonie ou ordinaires, aient disparu en même temps que le début du XX ème siècle. Vers 1890, on pouvait encore voit quelques vieilles femmes de pêcheurs, dans le pays de Caux ou du côté d'Houlgate, assises sur le pas de leurs portes, fumant leur pipe et coiffées d'un bonnet de coton blanc!

Ce bonnet de coton blanc, que portaient paysans et paysannes n'était pas très ancien d'ailleurs, car son usage s'était répandu qu'après l'installation complète de l'industrie du tissage en Normandie. Auparavant, le paysan travaillait souvent tête nue et utilisait pour les sorties un chapeau, le Caudebec, à larges bords, garni d'un galon ou de boutons à fil d'argents si ses moyens lui permettaient cette fantaisie, nous dit Charles Leroy, dans Paysans Normands au XVIII ème siècle.

 

Il décrit comme plus riche, plus éclatant, plus pittoresque, le costume de la villageoise. Les jours de fête, ce costume était remarquable. Nous ne verrons ici que le buste: « la plupart des femmes portaient sur le juste ou casaquin, un large fichu en pointe, plissé dans le cou et retenu par des épingles; ce fichu était, chez les plus aisées, de soie à effilés et à bordures, il fut aussi de cretonne, de crépon ou d'indienne. Autour du cou, la paysanne mettait une guimpe ou une collerette de lingerie dont la blancheur faisait ressortir les carnations du visages.

 

La coiffure est caractéristique: si la paysanne, vers la fin du XVIII ème siècle, a porté le bonnet de coton, elle ne le mettait que dans son intérieur; si des villageoises déjà vieilles portaient des coeffes (cornettes de toiles très simples), des pierrots dont elles laissaient tomber les barbes sur les épaules; si les veuves, délaissant le grand bonnet dont nous allons parler jetaient un voile noir, une Thérèse, sur une coiffe basse et simple.

 

Les autres, et surtout les élégantes se coiffaient tout autrement. Elles avaient de grands bonnets de gaze, de toile ou de batiste au-dessus de leur tête, et auxquels s'attachaient de longues barbes garnies de deux ou trois volants ou de dentelles. Et ce bonnet si spécial que l'on retrouve dans tous les coins de la Normandie avec son même aspect général, sa même disposition de hauteur, rappelait le hénin des grandes dames du temps jadis. Toutes ont subi l'influence de ce gracieux ornement médiéval.

Qu'elles devaient être belles les campagnes normandes, un peu guindées, minutieusement préparées, égayaient les fêtes, les mariages, les foires et les assemblées.

Commentaires

  • Cher madame ou cher monsieur,
    Je trouve que ce texte est très informant mais moi je cherchait les coiffes au XVIII eme siècle ( tout le dixuitieme siècle , pas que la fin )
    Cordialement
    Cat

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