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Histoire de Normandie: Charles de Navarre

Né sur les bords de l'Iton en 1332 et mort à Pampelune en 1387. Charles II, comte d'Evreux et roi de Navarre, est incontestablement l'ébroïcien le plus célèbre.

 

Descendant de Saint-Louis, il est lié aussi étroitement aux premiers Valois qu'aux derniers capétiens directs puisqu'en 1324, sa tante Jeanne d'Evreux s'unit à Charles IV le Bel, et qu'en 1349, sa sœur Blanche de Navarre devient la femme de Philippe VI de Valois.

 

Lui-même, en 1351, épouse la fille du roi de France Jean le Bon. Comme il aimait à le dire, il était «des fleurs de lis de tous côtés.»

 

Autant favorisé par la nature que par la naissance, car il était séduisant et doué d'un esprit subtil qui le faisait apprécier à la fois des grands et du petit peuple, il nourrit des espoirs et des ambitions à la mesure de son talent et de ses titres en réagissant vivement contre une grave injustice qui le prive d'une notable partie de ses droits. Il ressent en effet comme une véritable iniquité le coup de force accompli en 1316 par Philippe V le Long et qui eut pour résultat d'écarter du trône de France, sa mère Jeanne II de Navarre, fille de Louis X le Hutin.

Les épisodes de cette lutte implacable, d'abord sournoise, puis ouverte, qui amena Charles de Navarre à soutenir Etienne Marcel et à s'allier aux Anglais, remplissent l'Histoire de France du XIV ème siècle. Deux fois, en novembre 1357, lorsque grandi par une captivité de dix-neuf mois, il est accueilli par l'évêque de Paris et le prévôt des Marchands tandis que des milliers de Parisiens fondent en larmes en l'écoutant, puis en juin 1358, lorsque après avoir brisé la Jacquerie et sauvé l'ordre public il est solennellement proclamé Capitaine de Paris par ses partisans qui l'acclament aux cris de « Navarre! Navarre!»

 

le comte d'Evreux eût sans doute pu ceindre la couronne de France. Mais il n'engage pas le processus, et à partir de ces occasions manquées, puis de sa défaite à Cocherel en 1364, il doit se tenir constamment sur la défensive, le sens de l'histoire étant devenu aux Valois qui, en 1378, se sentent suffisamment forts pour prononcer la saisie de ses domaines dans l'Ecrevin, le Mortainais et le Clos du Cotentin.

 

N'épiloguons pas sur le fait que Charles de Navarre a été surnommé le Mauvais que deux siècles après sa mort. Impossible de trouver ce surnom sous la plume des chroniqueurs de l'époque.

 

Mais considérons plutôt que durant une période tragique de notre histoire, Charles de Navarre a été hautement représentatif de l'opinion normande. De nombreuses fois, il bénéficia du soutien des nobles de notre province dont il épousa les désirs d'autonomie face au centralisme des Valois.

Dans tous ses domaines, nombreux furent ses amis, gens d'église et bourgeois, qui dans l'adversité lui demeurèrent inébranlablement fidèles.

 

Signes tangible de ses générosité et de ses largesses:

  • les 46 magnifique stalles sculptées qui ornent le choeur de la Cathédrale d'Evreux.

  • La longue liste des sanctuaires normands bénéficiaires de ses dons parce qu'ils étaient dédiés à la Vierge, patronne de la Navarre.

 

Jugé en fonction de son temps, Charles de Navarre ne fut sans doute ni meilleur, ni pire qu'un autre. Dégagée de son contexte historique et ramenée au niveau de la conscience, on peut dire que son histoire fut celle d'un prince qui, précocement victime d'une grave iniquité et naturellement enclin à nourrir des ambitions démesurées, a été porté à exiger le respect de ses droits.

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