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Ecrivains de Normandie: Jules Barbey d'Aurevilly



"La démocratie semble être la règle du monde moderne, et n'en est que la punition."

Jules Barbey d’Aurevilly naît le 2 novembre 1808 à Saint-Sauveur-le-Vicomte dans le département de la Manche. Sa mère est issue d’une famille de magistrats anoblis au siècle précédent tandis que par son père l’enfant est lié à la bourgeoisie caennaise, tous deux étant très attachés à la monarchie. Après avoir vainement tenté de le faire entrer dans une école militaire, ceux-ci placent l’enfant auprès de son oncle, un notable de Valognes. Barbey grandit dans ce milieu libéral et athée où il travaille à se cultiver par de fréquentes lectures.

Monté à Paris en 1827, le jeune homme entre en classe de rhétorique au Collège Stanislas. Reçu bachelier deux années plus tard, il entreprend ensuite son droit à la Faculté de Caen à partir du mois de novembre. Cette époque qui voit son retour en Normandie est également celle de la rupture avec sa famille. A la mort de son oncle en effet, Barbey refuse de reprendre la dénomination de d’Aurevilly. Ses convictions l’entraînent d’ailleurs vers la sympathie pour les républicains. Passionné par la lecture des écrits de Lord Byron, il s’essaie à la littérature.

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La fin de ses études, Barbey obtient sa licence de droit le 22 juillet 1833, correspond avec un heureux héritage dont il bénéficie et qui lui procure une rente. Barbey s’installe alors à Paris où il fréquente, en habile causeur, les salons en vogue et mène une vie de bohème. En 1834 paraissent ses premiers articles dans La Revue de Paris. L’année suivante est celle de la rédaction d’un roman, Germaine. En 1838 commence également sa collaboration avec le journal d’opinion Le Nouvelliste, dirigé par Adolphe Thiers. Alors qu’il effectue la rencontre de Georges Sand et de Charles de Sainte-Beuve, la publication d’une de ses nouvelles, La Bague d’Annibal, n’est remarquée que par un cercle d’initiés. Bientôt le dandy se fait également critique dans Le Moniteur de la Mode en 1843 puis avec Le Constitutionnel en 1845, le Journal des Débats refusant sa collaboration malgré l’appui de Victor Hugo.

Aussi, las de cette existence faite d’excès et qui lui mine la santé, conscient de l’échec patent de sa carrière littéraire, Barbey se décide à changer de vie. Influencé par la lecture des écrits de Joseph de Maistre, il s’engage au service du catholicisme et fonde en 1846 la Société catholique, celle-ci se destinant à renouveler l’art religieux en France. Un périodique, La Revue du monde catholique, paraît d’ailleurs à partir du mois d’avril 1847 avant de disparaître l’année suivante. Avec l’avènement de la Seconde République, Barbey publie dans le journal La Mode une série d’articles d’inspiration ultraroyaliste. Irrité par ces excès, Louis Veuillot l’écarte bientôt du cercle des rédacteurs de L’Univers.

En 1852 paraît en feuilleton L’Ensorcelée dans L’Assemblée nationale. Dans ce journal, Barbey fait d’ailleurs bientôt campagne pour le rétablissement de l’Empire. Fréquentant les salons royalistes et conservateurs, il y fait la rencontre de la baronne de Bouglon, dont il s’éprend. Prenant délibérément parti pour le poète Charles Baudelaire rencontré en 1854 et en démêlés avec la justice, Barbey effectue avec la jeune veuve un voyage dans le Midi de la France. A son retour, il se réconcilie avec sa famille puis s’installe de manière définitive au n°25 de la rue Rousselet à Paris, un modeste logis. La même année, commence la publication de son œuvre de critique intitulée Les Œuvres et les Hommes.

Celle-ci prend une nouvelle dimension dans les années qui viennent, Barbey s’élevant contre les institutions littéraires de la capitale. En 1862, il s’attaque à un succès d’édition programmé, le nouveau roman de Victor Hugo Les Misérables, " cette pauvreté " dira t-il. Entré au journal Le Figaro l’année suivante, il malmène alors le directeur de La Revue des Deux Mondes, ce qui lui vaut une condamnation. Ses piques se dirige ensuite vers l’Académie française. Enfin en 1863, alors qu’il connaît quelques difficultés financières, la parution de son roman, Le Chevalier des Touches, lui assure une certaine notoriété. L’année suivante est également édité Un Prêtre marié. En ces années où l’Empire se libéralise, l’écrivain poursuit son travail de critique, égratignant au passage les Parnassiens dans le revue Le Nain jaune.

Alors que la République est proclamée, un nouvel héritage lui assure de nouveau une relative aisance financière. Barbey met celle-ci à profit pour louer, à partir de 1872, à Valognes un appartement qui sera son pied-à-terre lors des fréquents séjours effectués en Normandie dans les années qui suivent. Celles-ci sont marquées par l’amitié qui le lie désormais au poète François Coppée, à Paul Féval ou à Paul Bourget. Alors que paraît au mois de novembre 1874 un recueil de nouvelles, Les Diaboliques, les 450 exemplaires que possèdent l’imprimeur Dentu sont saisis ainsi que le manuscrit. L’écrivain fait d’ailleurs l’objet de poursuites.

Celui-ci poursuit son activité. Le Gil Blas publie Une Histoire sans nom en 1881 puis Ce qui ne meurt pas en 1883. Cependant Barbey souffre de plus en plus du foie. Au mois d’avril 1888 une crise de douleur le laisse abattu. Jules Barbey d’Aurevilly décède le 23 avril 1889 à Paris.

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